Nous souhaitons nos plus sincères condoléances à sa famille et à tous ceux et celles qui la chérissaient. Madame Vincent se préparait à venir nous présenter « Carcajou, qui pour les Innus représente le décepteur (trickster, fripon, filou, trompeur). Il s’agit d’un personnage à la fois prétentieux, gourmand et maladroit. »

« Cependant, comme nous le faisait remarquer un  [Innu de Sheshatshiu],  il a quand même, à travers ses nombreuses pitreries, enseigné [aux Innus] la bonne façon de vivre. […Les] coutumes, les rituels, les prescriptions, l’organisation sociale, les arts, etc. sont venus aux hommes grâce aux frasques de ce personnage. » (Rémi Savard : 1971, p. 16)

Notes biographiques

Sylvie Vincent est anthropologue et chercheure autonome. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, elle a travaillé de près avec Rémi Savard, dans le cadre du Laboratoire d’anthropologie amérindienne. Elle a fait partie du petit groupe qui, en 1971, a mis sur pied la revue Recherches amérindiennes au Québec dont elle a été la rédactrice pendant les cinq premières années. Entre 2005 et 2013, elle a été présidente de la Société recherches amérindiennes au Québec.

En tant que chercheure autonome et que membre du Centre de recherche et d’analyse en sciences humaines (ssDcc, 1981-2001), elle a réalisé des études dans plusieurs domaines dont, par exemple, l’histoire des Premières Nations du Québec, l’analyse de l’image que véhiculent sur elles les médias de la société québécoise (manuels scolaires, journaux, livres pour la jeunesse), évaluation des études d’impacts sociaux des grands projets nordiques, examen du processus de consultation des populations. En 1992 et 1993, elle a été coordonnatrice scientifique adjointe du Bureau de soutien pour l’examen public du projet Grand Baleine.

Depuis le début des années 2000, elle travaille avec une équipe innue, et avec Laurent Girouard et Jean-Christophe Ouellet, à documenter et à cartographier l’occupation et l’utilisation de leur territoire par les familles de Uashat et de Mani-utenam au cours du XXe siècle.

Sur le long terme, elle s’est attachée à recueillir la tradition orale des Innus, particulièrement les récits qui rapportent les événements passés, et elle a tenté de comprendre la façon dont les Aînés relatent et conçoivent l’histoire de leur peuple. Elle a séjourné dans toutes les communautés innues de la Côte-Nord ainsi qu’à Matamekush – Lac-John.

Ses études et recherches ont donné lieu à nombre de rapports et d’articles.  Elle est aussi co-auteure de quelques publications. 

Monique Bouchard, directrice générale